Christophe Le Bot

  • Navigation rapide
Pratique de la conception numérique

Derniers commentaires

  • Quand Google Maps sait se rendre utile
    • Christophe | Thanks Carly! I have modified the broken link.
    • carly | Hi Christophe There is a broken link on this page, I can send you the replacement link, im unable to find an email address for you. Ive provided mine for you to contact me. Carly
  • Test d’interface : paiement d’amendes en ligne
    • Herbaux Jean-Marie | J’ai été coupé a 15h56. Je ne parviens pas confirmer mon payement par C B via le payement.en ligne par Internet. J’entre bien les quatre groupes de chiffres et les deux...
    • Rovellotti Olivier | Ce site est un véritable cauchemar UX Excellent article http://www.natural-solutions.e u/
  • Agence web ou SSII : que choisir ?
    • Rovellotti Olivier | La limite n’est plus aussi claire qu’avant effectivement et les différence de prix sont du l’ordre du *10. Généralement les équipes dans les agences sont plus...
 

Archives
avril 2007

User Generated Applications : utopie ou réalité ?

Même si le web 2.0 n’a pas inventé les réseaux sociaux, il a permis de généraliser la notion de User Generated Content, c’est-à-dire la création et la gestion du contenu par les utilisateurs. Tous les services « à la sauce web 2.0 » fonctionnent sur ce principe (à commencer par les blogs).

Et après ? Va t-on s’arrêter en si bon chemin ? Que peut-on apporter de plus à l’utilisateur ? Christian Fauré nous en donne la réponse : les User Generated Applications. A priori, son billet peut semer le doute (il date du 1er avril), et pourtant il ne manque ni de pertinence, ni de justesse.

Une réalité, soutenue par la demande des particuliers

« Les User Generated Applications ? Nous n’y sommes pas encore ! » Détrompez-vous : elles sont déjà là !

Un des meilleurs exemples est sans doute Yahoo! Pipes. Ce service permet de créer son propre agrégateur à partir de flux d’informations choisis, filtrés et manipulés. Pour cela, une interface graphique simple mais puissante permet de définir les règles de sélection et de traitements des flux.

Yahoo! Pipes - Accueil
Page d’accueil Yahoo! Pipes.
Yahoo! Pipes - Editor
Yahoo! Pipes Editor.

Ning est un service tout aussi intéressant. Il se définit comme « un service pour créer vos propres réseaux sociaux ». Certains y verront une plate-forme de blogs améliorée, alors qu’il s’agit bien de concevoir sa propre application de diffusion et de partage de contenu. Du User Generated Content servi par une User Generated Application, en quelque sorte.

Ning - Acceuil
Ning, page d’accueil.
Ning - IHM
Ning, interface de création.

Pour achever de vous convaincre, il me reste à citer Coghead. Là, nous touchons à la personnalisation ultime pour un résultat qui sort totalement des services web classiques. Coghead crée des applications complexes, à partir de données structurées par l’utilisateur, via une interface graphique.

Coghead
Interface de Coghead.

La difficulté d’une implémentation en entreprise

S’il est facile de faire du « cousu main » pour les particuliers, l’exercice est tout autre en entreprise. Christian Fauré nous dresse le tableau idyllique :

Personne n’aurait vraiment la même application, la notion même d’application deviendrait floue. Chacun créerait aisément ses propres services, au besoin en utilisant une librairie de composants génériques.

[…]

Le métier change ? Hop, je m’adapte immédiatement en modifiant mes services paramétrés. Pas besoin d’attendre le déploiement de la nouvelle version d’un progiciel.

[…]

Ce que cela change :
– plus de notion de processus métiers, ni de re-engineering : chacun outille son processus
– le management du SI se concentre sur l’architecture de l’information, l’interopérabilité et la sémantique des données.
– plus de MOE et de MOA, on arrête de travailler comme si l’on construisait un bâtiment (ouf!)

Et sa contrepartie :

Cela suppose une plus grande sensibilité et maturité des salariés dans la maîtrise de l’informatique. Cette sensibilité et cette éducation ne peut être assumée par l’entreprise seule. L’école elle-même ne pourra assumer ce rôle, ou en tout cas pas tels que les systèmes éducatifs sont actuellement conçus.

[…]

Le malaise des décideurs : ceux dont la fonction consiste à demander des rapports : bye, bye !

[…]

Il faut une population de salariés compétents pour être autonomes.

Les applications générées par les salariés sont-elles utopiques ou une réalité à court terme ? J’opte pour la seconde réponse, à condition de maîtriser la sémantique et l’interopérabilité des informations de l’entreprise. Tout l’enjeu (et les risques !) sont là. Le but est de qualifier le moindre fragment de contenu pour l’exploiter dans des conditions inconnues lors de sa création. Utopique ? Encore une fois, non. Encore une fois, les exemples existent.

Prenons Freebase. Ce projet a pour ambition d’être une base de données géante et universelle, alimentée par ses visiteurs. A priori, rien ne la démarque d’autres services web, sauf qu’ici, chaque information est qualifiée, « sémantisée ». Là où Google tente de comprendre le sens du contenu par des algorithmes évolués, Freebase découpe chaque information en fragments qui ont du sens. Là où Google vous donne une probabilité qu’une page web réponde à votre question, Freebase apportera la réponse exacte, fusse-t-elle unique !

Freebase
Site web de Freebase.

Avec l’explosion des données qualifiées et l’inévitable indisgestion qui s’en suivra, l’utilisateur en entreprise devra s’appuyer sur des outils de recherche, de sélection et de visualisation des données, avant de construire sa propre application. A ce titre, je citerai l’étonnant projet Many Eyes d’IBM.

Projet Many Eyes - IBM
Projet Many Eyes d’IBM.

Un séisme pour les acteurs informatiques ?

Je n’entrerai pas dans les détails d’un sujet connexe et sensible (cet article est suffisamment long, je pense…), celui de la génération automatique de codes qui touche directement les professionnels de l’informatique. On reste dans la même logique : accélérer la mise à disposition d’outils informatiques. Avec des conséquences importantes sur l’activité de certaines entreprises.

Les agences web sont les premières touchées. Elles sont souvent gérées par des créatifs qui ont une vision artisanale du développement web. Je n’ai rien contre les artisans talentueux, mais face à un serveur qui crée une application web en 2 minutes à partir d’un fichier UML 2, après avoir effectué des tests unitaires pour rendre l’application « 100% bug free », il devient très difficile de lutter, sauf à utiliser les mêmes méthodes de production et à se démarquer par une réelle créativité (là où l’homme aura toujours sa place).

Ensuite, à qui le tour ? Aux SSII qui facturent le déploiement et la maintenance de solutions applicatives ? Aux éditeurs de logiciels qui vendent des licences poste à poste ?

Pour ma part, je vois plusieurs évolutions importantes :

  • Les projets informatiques se focaliseront sur l’interopérabilité des systèmes d’information (l’open source les y aidera sûrement).
  • La sémantique va jouer un rôle fondamental dans la manipulation et la transformation de l’information.
  • Le développement informatique se concentrera sur la capacité de l’outil à s’adapter, à se personnaliser et à s’autogénérer.
  • La conception centrée utilisateur sera la seule conception possible.
  • Les managers devront intégrer les contraintes liées à l’autonomie des utilisateurs et à la plasticité de leur outil de production.
  • Les éditeurs de logiciels se transformeront en fournisseurs de services (la bataille Google / Microsoft est un bon exemple) ou en spécialistes métiers (comme Adobe, par exemple).
  • Les entreprises de services informatiques devront inventer le « support utilisateur individuel ».
  • La création prendra une place prépondérante et sera enfin facturée, puisqu’elle seule ne pourra être automatisée (enfin, pas à court terme…).
  • Nous utiliserons enfin les outils que nous imaginerons.

Du grain à moudre

Deux articles (en anglais) de CNN Money qui montrent que le sujet est d’actualité :

Pour finir, une excellente vidéo de Nigel Parker (48 minutes, tout de même !) qui reprend ce qui fait le web d’aujourd’hui et ce que seront les services applicatifs de demain :