Christophe Le Bot

Pratique de la conception numérique

Archéoblogologie – Episode 1 : le décor

Il est toujours passionnant de déterrer les vieux outils numériques. On constate alors le décalage technique, social et fonctionnel qui existe avec ceux d’aujourd’hui. Quoique… On retrouve aussi de bonnes idées, posées il y a longtemps et « reliftées » pour les réexploiter de façon très lucrative. Pas grave, tout va trop vite, alors on oublie. Donc on nous le ressert… mais différemment !

Archéo quoi ?

Où voulais-je en venir, déjà ? Ah oui, l’archéoblogologie, ou la découverte de vieux blogs quasi-éteints, enterrés sous la toile du web. Et je n’ai pas de meilleurs cas que celui de… ce blog ! En effet, en sept ans, il a connu plusieurs phases : celle d’une activité débordante à celle de l’abandon complet, en passant par des simili-transformations et changements de cap pas trop bien assumés…

Cette plongée dans un micro-rouage de l’histoire du web me pousse à partager avec vous quelques constats et réflexions.

Le contexte

Ouvert en mars 2006, en pleine hégémonie du Web 2.0, mon blog a rencontré un certain succès et un public fidèle (merci !). Certains pics à plusieurs centaines de visiteurs par jour m’avaient longtemps étonné à l’époque, surtout quand je les comparais aux statistiques des sites de certains de mes clients… Un contenu de qualité (c’est vous qui l’avez dit !), quelques relais bien choisis (la magie des réseaux) et hop !

Petit à petit, je suis passé à d’autre activités chronophages, le contenu s’est fait plus rare et les visiteurs aussi. Rien que sur les 24 derniers mois, le trafic a baissé de 60% ! Pas de quartier… Et pas de miracle : il faut bosser !

Tout change ? Là, non…

Premier constat, et pas des moindres : dans ce monde numérique où tout est obsolète en 6 mois, ce blog utilise la même solution technique depuis sept ans. Bon, bien sûr, entre le WordPress de 2006 et celui de maintenant, c’est un peu comme passer d’une R16 à une Megane IV, mais on reste dans la même philosophie. Et surtout, le contenu a suivi pendant tout ce temps ! Pas de migration délicate ou lourde, c’est toujours simple (à condition de prendre les précautions de base). Côté serveur, là aussi, les technologies sont les mêmes. J’aime bien ce confort inhabituel 😉

Bien sûr, il manque quelques petites choses : un thème HTML5 + CCS3, une version mobile, des pages responsive. Et pas de bouton Like, G+ et autres verrues ! Oh, c’est carrément old school, là.

Ah si, ça change un peu…

Au final, un blog se gère très bien dans la durée, les détails arrivent toujours à suivre. Mais une question me tracasse : à quoi ça sert, un blog, en 2013 ? C’est le concept du blog qui prend un coup de vieux, face aux plates-formes sociales, aux applications mobiles, aux appareils ubiquitaires et aux nouveaux modèles économiques dans lesquels s’enferment les utilisateurs.

Pourtant, j’ai l’impression que les blogs représentent maintenant le socle stable du contenu du web, celui autour duquel des milliards de données sont échangées : « j’aime », « j’aime pas », « t’as vu ? », « tu connais ? », « trop cool », « c’est fun », « lol », etc. Bref, là encore la loi de Pareto est respectée : seulement 20% des contenus font 80% du savoir, il reste à dénicher les 20% restants dans 80% des échanges de données.

Demain, la suite d’Archéoblogologie – Episode 2 : le best-of…