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Design numérique

Shoogle, votre téléphone mobile en sera secoué !

Lorsqu’en 2006, je défrichais le terrain de la téléphonie mobile pour quelques projets innovants (dont Goojet), certains ergonomes et designers préconisaient de se servir du mouvement pour manipuler les téléphones dans des contextes d’utilisation particuliers (déplacement, obscurité, discrétion…).

Aujourd’hui, les premiers résultats sont là et le projet de l’université de Glasgow le montre parfaitement.


Le projet Shoogle de l’université de Glasgow.

Le projet Shoogle met ainsi en oeuvre les capteurs de mouvement de certains téléphones pour simuler des interactions du monde matériel, comme secouer un objet pour savoir ce qu’il contient. La modélisation des sons reproduits repose sur une approche purement physique (principe de masses ancrées, ressort, friction, collision, granularité de surface), d’où la grande fidélité de restitution.

Source : InternetActu

Nouvelle année, nouvelles idées

Je souhaite que 2008 soit, pour nous tous, une nouvelle année de création, d’innovation et de réalisation. Avec beaucoup de satisfaction à la clé !

Internet qui fêtera ses 18 ans cette année, sera encore et toujours une source d’inspiration inépuisable. Un florilège pour bien commencer l’année :

Johnny Chung Lee. Etonnant tracking via la caméra infrarouge de la télécommande WII (novembre 2007).


AudioFaktor. Création musicale collaborative par des étudiants du Department of Computer Science (Daimi) de l’Université d’Aarhus (février 2007).
Projet Wiiwiiwiiwii
Wiiwiiwiiwii project. Ou comment jouer de la musique avec la Wiimote (septembre 2007).

Scratch. Un incroyable environnement de programmation accessible aux enfants, créé par Mitchel Resnick du fameux Medialab (mai 2007).
Pianoteq
Pianoteq. La modélisation numérique d’instruments est enfin une réalité commerciale grâce à cette série de pianos de toute beauté… et un beau succès mondial pour une entreprise toulousaine (avril 2007).

L’ère de l’overdose du savoir

Je cherchais depuis quelques temps une réponse à mon malaise persistant. John Maeda me l’a donnée :

Aujourd’hui, nous avons accès à tellement de choses, à des choses dont nous n’avons même plus besoin, c’est devenu un problème : beaucoup d’occasions d’apprendre, mais pas de temps pour apprendre.

Sous l’apparente évidence de cette phrase, se cache un bouleversement de taille : c’est la première fois que l’être humain se trouve dans cette situation !

Certes, on peut relativiser ces propos quand on sait que la moitié de la population française n’a pas un accès régulier à Internet…

Via Etienne Mineur

Une interface tangible… en pots de yaourt !

Voilà une découverte qui me sort de ma léthargie bloguesque : une interface tangible composée de carton et de pots de yaourt !

Lors d’un précédent article, j’avais présenté le projet Reactable, un instrument de musique électronique collaboratif avec interface tangible multi-touch. Au-delà de la définition qui semble noyer l’incrédule dans un discours technico-commercial bien ficelé, la vidéo de démonstration suffisait à comprendre l’intérêt de la chose. La voici, rien que pour le plaisir :


La Reactable, projet du MTG de l’Université Pompeu Fabra de Barcelone.

Encore un projet de recherche inabordable pour l’internaute bêta ? Cette fois-ci, non, car une partie du projet Reactable est mise à disposition de tous en open source. Il s’agit de reacTIVision, le composant applicatif qui permet de capter les mouvements des objets sur la table.

Il n’en fallait pas plus pour qu’un ingénieux bidouilleur crée sa propre surface tangible, avec si peu de moyens que tout internaute peut l’avoir chez soi ! Voilà le résultat :

Interface tangible économique avec reacTIVision

Grâce à ce didacticiel clair et précis, vous avez là un excellent moyen de recycler vos pots de yaourt ! Très tendance.

Le “Mobile web 2.0″, un marché encore immature

La pandémie « web 2.0″ gagne du terrain et touche maintenant le marché de la téléphonie mobile. Ce n’est pas un scoop puisque les projets fleurissent partout, y compris en France… et surtout à Toulouse où j’aide quelques « groupes de travail » à développer des services mobiles qui vont, bien sûr, changer le monde. Mais promis, je ne dirais rien !

Le web 2.0 pour mobiles vous rend euphorique ? Voici l’heure de la douche froide. Dans le rôle du rabat-joie, un petit article de MocoNews a le mérite de décrire objectivement la situation : le Mobile web 2.0 est trop ambitieux, nous devrions l’appeler Mobile 0.5.

Un avis que je partage totalement, car il ne rejette pas la révolution à venir des applications mobiles mais insiste seulement sur l’immaturité du marché, des interfaces et des modèles économiques :

If there is a wireless revolution under way, then it’s certainly a slow one. “We’re really at mobile Web 0.5, to be completely honest,” Sumit Agarwal, a product manager in Google’s mobile division, was quoted as saying.

[...]

Mobile web 2.0 will happen – in good time.

La voie est pourtant tracée :

The real thing about Web 2.0 is people introducing applications to each other. [...] True viral applications, something sent from one person to another, will absolutely be a big part of mobile.

J’en connais un qui va être ravi de voir ses décisions stratégiques confirmées de la sorte…

Journée IHM à Toulouse le 18 juin 2007

Midi-Pyrénées Innovation organise, le 18 juin 2007 à la Cité de l’Espace, la Journée Technologique Interface Homme-Machine.

L’objectif est de sensibiliser les décideurs aux atouts de la conception d’interfaces homme-machine dans le développement de projets innovants. Au programme, un état des lieux du métier et de ses enjeux, des témoignages d’industriels et de chercheurs, des démonstrations d’applications interactives, sans oublier l’aspect formation et l’avenir des IHM.

Ce sera surtout l’occasion de découvrir le potentiel de la région Midi-Pyrénées en matière d’ergonomie et de conception d’IHM, avec des intervenants tels que :

Rendez-vous donc à la Cité de l’Espace le 18 juin. J’y serai, bien sûr…

Pour en savoir plus et s’inscrire : site web Midi-Pyrénées Innovation

“Web 2.0″, Ajax, interfaces riches et prospective

J’ai toujours détesté le terme « web 2.0″. Il ne signifie rien. Il englobe ce que chacun veut y mettre et ne sert qu’à convaincre les clients crédules de la nécessité d’une refonte de leurs services en ligne.

Les acteurs du web n’ont pas attendu la vague du « web 2.0″ (à quand le ressac ?) pour créer des communautés ou des applications en ligne (on remarquera au passage que les web applications sont devenues des SaaS, softwares as a service, c’est plus « tendance »).

Et que dire du contenu généré par les utilisateurs (le fameux User Generated Content si cher au « web 2.0″) ? N’est-ce pas la fonction première du web que de permettre la diffusion rapide, massive et économique de contenu ? Depuis 1990 (et la première page web), les utilisateurs mettent en ligne du contenu.

J’ai eu la chance de concevoir des services « à la sauce web 2.0″ dès 1998 : sites communautaires, applications en ligne, outils de travail collaboratif… Et je n’étais pas le seul ! Mais il faut bien avouer que deux choses ont freiné leur expansion : les connexions bas débit et l’inviolabilité de la sphère privée.

Tout le monde peut comprendre qu’avec un modem RTC qui charge une page web en 55 secondes, il est impossible d’avoir des services tels que YouTube. Quant à la sphère privée, il a fallu une bonne dizaine d’années pour que l’internaute s’habitue à publier (donc rendre public) quelques bribes de sa vie personnelle (avec les excès que l’on connait aujourd’hui…).

Finalement, pour moi, le « web 2.0″, c’est :

  • un coup marketing de maître !
  • la généralisation du haut débit
  • l’ouverture de la sphère privée

C’est tout. Enfin presque… J’ai oublié le seul point réellement nouveau dans le « web 2.0″ : Ajax (Asynchronous JavaScript and XML), rendu possible grâce à l’implémentation de XMLHttpRequest dans Internet Explorer (merci Microsoft !).

Ajax change tout, à commencer par la notion de page web. Comme le fait très souvent remarquer Frédéric Cavazza, peut-on encore utiliser le terme de page web, alors que le contenu et la forme évoluent par petites touches au sein d’une seule page ? Netvibes en est un bon exemple.

Nous en sommes à l’ère des single page applications (SPA). Ses effets révolutionnent notre manière de voir et de concevoir le web. Les ergonomes sont obligés de revoir toutes leurs préconisations. Ajax change nos méthodes de production, les éditeurs de code HTML (comme Dreamweaver) ont disparu et font place à des environnements de développement lourd. Ajax bouscule les habitudes chèrement acquises des internautes (on ne touche plus au bouton « Page précédente » du navigateur pourtant si pratique !). Ajax perturbe l’économie du web en faussant la mesure d’audience.

Ajax finira peut-être par tuer le web, en imitant toujours mieux le comportement des applications classiques. Il rendra inutile le navigateur web et favorisera l’émergence des RIA (Rich Internet Applications), puis des RDA (Rich Desktop Applications). Finalement, Ajax entraînera un retour aux sources de l’informatique grand public : un système d’exploitation, des applications locales, des interfaces riches.

A la différence que tous leurs éléments intrinsèques seront connectés à internet et dépendront de lui : WebOS, RDA, Widgets, SaaS. Le web sera, quelques temps encore, un protocole d’échanges de données entre machines, avant de disparaître…

Comparatif de 4 CMS PHP sur 190 critères

Stéphane Bordage nous propose une analyse complète de 4 solutions de gestion de contenu open source fonctionnant avec PHP :

A chacun de faire sa synthèse en fonction de ses besoins. Un très bon support de décision qui me fait découvrir encore une fois les vertus d’un Drupal que je sous-estimais.

Mise à jour : le dossier complet est disponible dans le numéro 720 du magazine Décision Informatique, paru le 21 mai 2007.

Mise à jour : suite aux réactions (étonnamment violentes) de la communauté Spip à propos des résultats, Stéphane Bordage a pris la sage décision de supprimer Spip de ce comparatif.

Quand faire intervenir le designer ?

De l’article consacré aux difficultés de Dell, diffusé par Le Monde (Fragilisé, Dell se cherche un nouveau modèle, 3 mai 2007), je n’ai retenu qu’une phrase. Non pas que les objectifs de Michael Dell, de retour dans la galère le navire ne m’intéressent pas, mais parce qu’il y est question de design :

Des designers ont été recrutés et désormais un produit sera dessiné avant d’être conçu. Avant c’était le contraire.

Cet aveu est étonnant à double-titre :

  • Il me semblait que les machines Dell étaient réputées pour leur conception aboutie (fiabilité, silence, manipulation, installation, service clients). J’ai dû louper un épisode…
  • Je croyais que les grandes entreprises, américaines de surcroît, avaient compris depuis longtemps le rôle du designer. J’ai rêvé trop vite…

La situation

Comment en est-on arrivé là ? Le problème vient de l’incompréhension du mot design et du rôle du designer. Le design est trop souvent perçu comme synonyme exclusif d’apparence (ou d’aspect, de forme, d’esthétique, si vous préférez). D’où la tentation de limiter le coût du design à un peu de saupoudrage visuel, juste avant la mise en production.

Les responsables

A qui la faute ?

  • Aux designers, certainement, qui n’ont pas su expliquer leur métier, il est vrai très changeant (je suis bien placé pour le savoir, puisque j’ai géré et animé pendant 8 ans une association de promotion du design).
  • Aux managers parce qu’ils ne sont pas sensibilisés, ni formés aux atouts du design (le design devrait faire partie du programme MBA !).
  • Aux institutions et autres organismes de développement économique parce qu’ils n’ont pas les outils pour mesurer et expliquer l’efficacité du design (quoique sur ce point, les évolutions sont perceptibles ces derniers temps).
  • A notre système éducatif qui peine à sortir d’une ingénierie entièrement dévouée aux prouesses technologiques (condition nécessaire mais pas suffisante, pour reprendre le vocabulaire des « têtes bien pensantes »).

La réalité

« Bon finalement, le designer sert à quoi ? » Voici la définition qu’en donne l’École nationale supérieure de création industrielle (ENSCI – Les Ateliers) :

Au sein de l’équipe de conception, le designer veille à la cohérence structurelle du produit. Les solutions qu’il retient sont non seulement de nature à garantir le bon aspect de l’objet produit mais surtout sa parfaite organisation interne et la pertinence de son rapport à l’utilisateur.

Verner Panton disait :

Le travail du designer est de coordonner à tous les niveaux de production, d’étudier et de répondre aux exigences du consommateur, de dépasser les bases objectives et de trouver une cohésion claire et délibérée entre les facteurs pratiques et esthétiques.

La pratique

« C’est bien beau ces discours, mais moi, quand dois-je faire intervenir le designer ? » Tout au long du projet, et en particulier au début, quand les grandes orientations doivent être définies. Imaginez juste un instant un produit Apple dessiné après avoir été conçu…

Une bien belle histoire de la Grande-Bretagne

British History Timeline - BBC

La BBC propose une animation Flash très bien faite sur l’histoire de la Grande-Bretagne : British History Timeline.

Ce projet est intéressant car il représente, à mes yeux, un parfait compromis entre le contenu (complet mais synthétique), la forme (interface « léchée », dans l’air du temps mais relativement conventionnelle pour plaire à tous les publics) et l’interaction (outils de navigation simples mais pertinents, fluidité des comportements).

Un excellent travail !

Source : Christian Fauré