Christophe Le Bot

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Pratique de la conception numérique

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Une interface tangible… en pots de yaourt !

Voilà une découverte qui me sort de ma léthargie bloguesque : une interface tangible composée de carton et de pots de yaourt !

Lors d’un précédent article, j’avais présenté le projet Reactable, un instrument de musique électronique collaboratif avec interface tangible multi-touch. Au-delà de la définition qui semble noyer l’incrédule dans un discours technico-commercial bien ficelé, la vidéo de démonstration suffisait à comprendre l’intérêt de la chose. La voici, rien que pour le plaisir :


La Reactable, projet du MTG de l’Université Pompeu Fabra de Barcelone.

Encore un projet de recherche inabordable pour l’internaute bêta ? Cette fois-ci, non, car une partie du projet Reactable est mise à disposition de tous en open source. Il s’agit de reacTIVision, le composant applicatif qui permet de capter les mouvements des objets sur la table.

Il n’en fallait pas plus pour qu’un ingénieux bidouilleur crée sa propre surface tangible, avec si peu de moyens que tout internaute peut l’avoir chez soi ! Voilà le résultat :

Interface tangible économique avec reacTIVision

Grâce à ce didacticiel clair et précis, vous avez là un excellent moyen de recycler vos pots de yaourt ! Très tendance.

Simile Exhibit 2.0 officiellement en français

Logo Simile

Depuis aujourd’hui, Simile Exhibit 2.0 supporte officiellement le français.

Je remercie David Huynh, créateur talentueux de cet outil précurseur des nouveaux usages du web, d’avoir accepter d’intégrer ma modeste contribution au code source officiel. Je remercie également les french beta testers qui m’ont permis d’affiner la version française, suite à mes précédents articles (ici et ). Et une mention spéciale à Got pour m’avoir remis sur les rails.

Si vous avez quelques exemples d’utilisation d’Exhibit en français, n’hésitez pas à les ajouter dans les commentaires. Amusez-vous bien !

Simile Exhibit : la version française est (presque) disponible

Logo Simile

Simile (Semantic Interoperability of Metadata and Information in unLike Environments), initié par le MIT (Massachusetts Institute of Technology), développe des outils open source robustes et efficaces pour manipuler des données, le tout reposant sur les technologies du web sémantique.

Parmi ces outils, le framework Exhibit est l’un des plus démonstratifs. Il offre une interface riche pour trier, filtrer et consulter des données complexes, via une page web. Sa classification à facettes rend la sélection et la consultation de données très rapides.

Seul petit défaut : Exhibit ne parle actuellement que l’anglais, l’espagnol et le suédois. Pas pour longtemps puisque je viens de terminer la french version ! Elle sera intégrée dans la version stable (v.1.0) et la version 2.0 (bientôt disponible).

Pour valider ce travail, je fais appel à votre bonne volonté afin de tester quelques exemples et me remonter les erreurs et bogues que vous pourriez y trouver (via les commentaires). Une fois corrigée, la version française sera mise à disposition de tous sur le serveur de Simile.

Pour le moment, les exemples reprennent ceux du site officiel. Je n’ai pas traduit les fichiers de données puisqu’ils ne font pas partie d’Exhibit. Par contre, les éléments d’interface (actions, sélections, tris, filtres, copies, messages, aide…) devraient tous être en français. J’ajouterai sans doute un exemple utilisant toutes les options d’Exhibit avec un fichier de données en français. Ce sera plus simple !

Si vous avez déjà mis en place Exhibit sur vos sites, vous pouvez également tester la version française en modifiant (temporairement, bien sûr) le lien de la version Exhibit officielle :

<script src="http://static.simile.mit.edu/exhibit/api/exhibit-api.js?views=timeline" type="text/javascript"></script>

doit être remplacé par

<script src="http://demo.christophelebot.fr/simile-exhibit-fr/api/exhibit-api.js?views=timeline&bundle=false" type="text/javascript"></script>

Votre lien peut ne pas comporter de paramètre views. Par contre, il ne faut pas oublier le paramètre bundle (utile pour ce test seulement) qui permettra de basculer en français. Petit détail, votre navigateur doit être configuré pour afficher en priorité les contenus en français.

Liste des exemples à tester

Merci d’avance pour votre participation à ce test !

Le “Mobile web 2.0″, un marché encore immature

La pandémie « web 2.0 » gagne du terrain et touche maintenant le marché de la téléphonie mobile. Ce n’est pas un scoop puisque les projets fleurissent partout, y compris en France… et surtout à Toulouse où j’aide quelques « groupes de travail » à développer des services mobiles qui vont, bien sûr, changer le monde. Mais promis, je ne dirais rien !

Le web 2.0 pour mobiles vous rend euphorique ? Voici l’heure de la douche froide. Dans le rôle du rabat-joie, un petit article de MocoNews a le mérite de décrire objectivement la situation : le Mobile web 2.0 est trop ambitieux, nous devrions l’appeler Mobile 0.5.

Un avis que je partage totalement, car il ne rejette pas la révolution à venir des applications mobiles mais insiste seulement sur l’immaturité du marché, des interfaces et des modèles économiques :

If there is a wireless revolution under way, then it’s certainly a slow one. “We’re really at mobile Web 0.5, to be completely honest,” Sumit Agarwal, a product manager in Google’s mobile division, was quoted as saying.

[…]

Mobile web 2.0 will happen – in good time.

La voie est pourtant tracée :

The real thing about Web 2.0 is people introducing applications to each other. […] True viral applications, something sent from one person to another, will absolutely be a big part of mobile.

J’en connais un qui va être ravi de voir ses décisions stratégiques confirmées de la sorte…

Journée IHM à Toulouse le 18 juin 2007

Midi-Pyrénées Innovation organise, le 18 juin 2007 à la Cité de l’Espace, la Journée Technologique Interface Homme-Machine.

L’objectif est de sensibiliser les décideurs aux atouts de la conception d’interfaces homme-machine dans le développement de projets innovants. Au programme, un état des lieux du métier et de ses enjeux, des témoignages d’industriels et de chercheurs, des démonstrations d’applications interactives, sans oublier l’aspect formation et l’avenir des IHM.

Ce sera surtout l’occasion de découvrir le potentiel de la région Midi-Pyrénées en matière d’ergonomie et de conception d’IHM, avec des intervenants tels que :

Rendez-vous donc à la Cité de l’Espace le 18 juin. J’y serai, bien sûr…

Pour en savoir plus et s’inscrire : site web Midi-Pyrénées Innovation

“Web 2.0″, Ajax, interfaces riches et prospective

J’ai toujours détesté le terme « web 2.0 ». Il ne signifie rien. Il englobe ce que chacun veut y mettre et ne sert qu’à convaincre les clients crédules de la nécessité d’une refonte de leurs services en ligne.

Les acteurs du web n’ont pas attendu la vague du « web 2.0 » (à quand le ressac ?) pour créer des communautés ou des applications en ligne (on remarquera au passage que les web applications sont devenues des SaaS, softwares as a service, c’est plus « tendance »).

Et que dire du contenu généré par les utilisateurs (le fameux User Generated Content si cher au « web 2.0 ») ? N’est-ce pas la fonction première du web que de permettre la diffusion rapide, massive et économique de contenu ? Depuis 1990 (et la première page web), les utilisateurs mettent en ligne du contenu.

J’ai eu la chance de concevoir des services « à la sauce web 2.0 » dès 1998 : sites communautaires, applications en ligne, outils de travail collaboratif… Et je n’étais pas le seul ! Mais il faut bien avouer que deux choses ont freiné leur expansion : les connexions bas débit et l’inviolabilité de la sphère privée.

Tout le monde peut comprendre qu’avec un modem RTC qui charge une page web en 55 secondes, il est impossible d’avoir des services tels que YouTube. Quant à la sphère privée, il a fallu une bonne dizaine d’années pour que l’internaute s’habitue à publier (donc rendre public) quelques bribes de sa vie personnelle (avec les excès que l’on connait aujourd’hui…).

Finalement, pour moi, le « web 2.0 », c’est :

  • un coup marketing de maître !
  • la généralisation du haut débit
  • l’ouverture de la sphère privée

C’est tout. Enfin presque… J’ai oublié le seul point réellement nouveau dans le « web 2.0 » : Ajax (Asynchronous JavaScript and XML), rendu possible grâce à l’implémentation de XMLHttpRequest dans Internet Explorer (merci Microsoft !).

Ajax change tout, à commencer par la notion de page web. Comme le fait très souvent remarquer Frédéric Cavazza, peut-on encore utiliser le terme de page web, alors que le contenu et la forme évoluent par petites touches au sein d’une seule page ? Netvibes en est un bon exemple.

Nous en sommes à l’ère des single page applications (SPA). Ses effets révolutionnent notre manière de voir et de concevoir le web. Les ergonomes sont obligés de revoir toutes leurs préconisations. Ajax change nos méthodes de production, les éditeurs de code HTML (comme Dreamweaver) ont disparu et font place à des environnements de développement lourd. Ajax bouscule les habitudes chèrement acquises des internautes (on ne touche plus au bouton « Page précédente » du navigateur pourtant si pratique !). Ajax perturbe l’économie du web en faussant la mesure d’audience.

Ajax finira peut-être par tuer le web, en imitant toujours mieux le comportement des applications classiques. Il rendra inutile le navigateur web et favorisera l’émergence des RIA (Rich Internet Applications), puis des RDA (Rich Desktop Applications). Finalement, Ajax entraînera un retour aux sources de l’informatique grand public : un système d’exploitation, des applications locales, des interfaces riches.

A la différence que tous leurs éléments intrinsèques seront connectés à internet et dépendront de lui : WebOS, RDA, Widgets, SaaS. Le web sera, quelques temps encore, un protocole d’échanges de données entre machines, avant de disparaître…

Encyclopedia of Life, un projet ambitieux et prometteur

Encyclopedia of Life

Encore une encyclopédie ! Encore un projet qui exploite la tendance « ecolo-citoyenne » ! Encore une référence en matière de préservation de la biodiversité et de la protection des espèces ! Et pourtant, l’Encyclopedia of Life (EOL) a toutes les chances d’atteindre ces objectifs.

A quoi sert EOL ? A répertorier les 1,8 million d’espèces vivantes, avec un soin du détail digne d’un maniaque. L’interface est particulièrement réussie, non seulement sur la forme mais surtout dans sa navigation intuitive et efficace.

Les fonctions sont aussi nombreuses qu’utiles :

  • Interface et contenu en plusieurs langues
  • Filtres et classification à facettes
  • Moteur de recherche
  • Cladogramme
  • Photographies
  • Vidéos
  • Graphiques
  • Cartes
  • Flux RSS
  • Discussion avec les experts
  • Articles scientifiques
  • Experts de référence
  • etc.

L’interface offre des outils de personnalisation, notamment un curseur pour définir son niveau d’expertise et ainsi adapter le contenu au lecteur.

EOL - Fiche de l’ours polaire
Un exemple de fiche EOL, ici celle de l’ours polaire.

Offrir autant d’informations (oui, j’ai oublié de dire que l’accès est gratuit !) demande des moyens conséquents. EOL se donne dix ans pour y parvenir, avec des fonds privés, la participation d’institutions scientifiques et chercheurs du monde entier et une équipe actuelle de 30 personnes.

Seule ombre au tableau : EOL n’est pas encore en ligne… et ne le sera sans doute pas avant fin 2008, le temps de développer l’interface et le contenu essentiel.

Source : L’Atelier

Une bien belle histoire de la Grande-Bretagne

British History Timeline - BBC

La BBC propose une animation Flash très bien faite sur l’histoire de la Grande-Bretagne : British History Timeline.

Ce projet est intéressant car il représente, à mes yeux, un parfait compromis entre le contenu (complet mais synthétique), la forme (interface « léchée », dans l’air du temps mais relativement conventionnelle pour plaire à tous les publics) et l’interaction (outils de navigation simples mais pertinents, fluidité des comportements).

Un excellent travail !

Source : Christian Fauré

Les AudioCubes surfent sur la vague des objets communicants

Les AudioCubes

Après le JazzMutant Dexter que j’ai déjà présenté, voici encore un bon exemple d’interface innovante dans le domaine de la musique assistée par ordinateur (MAO) : les AudioCubes de la société belge Percussa.

Vendus par quatre, ces petits cubes permettent de contrôler des applications musicales (via le protocole d’échange MIDI, pour les connaisseurs). Même si la démonstration ne me semble pas à la hauteur du concept, elle est suffisamment limpide pour m’éviter d’écrire 50 lignes sur leur fonctionnement :


Les AudioCubes de la société Percussa.

Outre leur position respective, les AudioCubes gèrent leur rotation et la distance de la main par rapport à leurs faces. Autre détail ergonomique intéressant, la configuration des AudioCubes passe par une extension de l’application musicale habituellement utilisée. L’apprentissage se limite à la manipulation des AudioCubes !

Configuration des AudioCubes sous Ableton Live
Configuration des AudioCubes dans le séquenceur Ableton Live.

Ceux qui ont vu la Reactable de l’Université Pompeu Fabra de Barcelone me diront qu’il n’y a rien de nouveau, sauf que (comme pour le Dexter) les AudioCubes sont en vente. A 600€ les quatre, c’est même très tentant…


La Reactable, projet du MTG de l’Université Pompeu Fabra de Barcelone.

Ces interfaces montrent la tendance actuelle des objets communicants : des objets qui, isolés, répondent à des fonctions très basiques, mais qui, une fois reliés (virtuellement ou physiquement), révolutionnent les usages et rendent notre univers numérique plus tangible.

La musique n’est bien sûr pas le seul secteur à s’intéresser aux objets communicants et à leurs interactions. Les produits de Violet (créateur du fameux Nabaztag) ou de Ambient en sont de bons exemples actuellement. Les technologies Machine to Machine (M2M) ont de l’avenir !

Les enfants réservent toujours des surprises…

Comme beaucoup de parents, je suis employeur d’une assistante maternelle. L’Urssaf propose un service en ligne pour déclarer les salaires versés, sans avoir les compétences d’un expert comptable ou d’un directeur des ressources humaines.

L’idée est louable, encore faut-il bien connaître vos enfants. Ce qui n’est visiblement pas mon cas puisque je viens de découvrir que mon deuxième enfant est plus âgé que le premier. Sans doute l’effet d’un élixir de jouvence garanti pur OGM…

Bogue Pajemploi

Un petit bogue technique, soit. Mais totalement bloquant pour l’utilisateur ! Quelle case choisir ? Un joli exemple d’erreur technique basique qui conduit l’utilisateur dans une impasse.

Sacrés farceurs, à l’Urssaf !

Mise à jour :
J’ai obtenu une réponse de Pajemploi : il faut choisir la case qui affiche la date de naissance correcte.