Christophe Le Bot

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Pratique de la conception numérique

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Archéoblogologie – Episode 4 : le trésor

La suite d’Archéoblogologie…
Épisodes précédents : 1. Le décor2. Le best-of3. La source

La crème de la crème

En cette période festive (je parle des deux semaines de fin d’année qui viennent de passer, pas du reste un peu morose…), je vous propose un menu gourmand, mais pas indigeste. Certes, il y a de vieux plats faits avec de vieilles recettes, mais vous devriez y trouver du contenu à votre goût. Bref, au-delà du quantitatif, voici les articles de mon blog qui attirent encore mon attention aujourd’hui, avec le recul de celui qui en a oublié l’existence !

  • La toute première page du web
    Tout ceux qui passent plus de deux minutes par jour sur le web devraient connaître son contenu par cœur et remercier son auteur chaque matin. La révolution numérique que nous vivons est partie de cette page… Tout un symbole.
  • L’internet rapide et permanent
    Expliquer des concepts informatiques avec des mots simples et des schémas clairs, un exercice délicat, mais remporté haut la main par ce site toujours aussi utile. Attention ! Il a changé d’adresse : http://irp.nain-t.net/
  • CRUD, ACID, UDOD, CRAP
    J’ai eu ma période des acronymes à quatre lettres. C’est bizarre, le cerveau, des fois… Mais relire les quatre articles en même temps mérite le détour : un peu d’architecture, un peu d’exploitation, un peu d’analyse des besoins, un peu d’ergonomie. C’est ce que je fais tous les jours aujourd’hui !
  • Le Web 2.0 atteint ses limites
    Je n’ai jamais vraiment accroché avec le Web 2.0. Cet article le montre bien ! Mais, il s’est passé une chose fondamentale à ce moment-là : le producteur d’information n’était plus nécessairement l’expert, celui qui sait, mais l’observateur, celui qui surveille et diffuse les événements qu’il vit. Beaucoup de questions dans cet article, quand on partait tous vers l’inconnu. Aujourd’hui, nous avons beaucoup de réponses, mais la question des droits d’auteur est loin d’être réglée…
  • “Web 2.0″, Ajax, interfaces riches et prospective
    Encore une salve anti-web 2.0 ! Mais l’article se concentre sur la révolution Ajax… qui s’est largement confirmée depuis ! JavaScript est partout, la mise à jour de contenu à la volée concerne pratiquement tous les sites web, les mobiles et tablettes l’exploitent à fond. Bref, Ajax est incontournable. La question sur le futur des interfaces reste entière : on prend le chemin que j’avais décrit à l’époque.
  • Y a-t-il des spécialistes d’Exhibit dans la salle ?
    J’avais promis de parler des projets Simile. Voici le premier article sur le sujet, à un moment où je découvrais le web sémantique. Le travail réalisé par le MIT sur le sujet est passionnant et j’utilise toujours les Simile Widgets aujourd’hui. Merci à Gautier Poupeau et Christian Fauré pour avoir partagé leurs connaissances éclairées !
  • Simile Exhibit 2.0 officiellement en français
    J’ai tellement aimé les Simile Widgets que je les ai rendus disponibles en français ! Il va falloir que je m’occupe de la version 3…
  • Une excellente thèse sur Simile Exhibit
    Allez, encore un article là-dessus et j’arrête de vous bassiner ! Mais celui-ci vaut vraiment le détour. Bien plus que les miens !
  • Magento dévoile son business model
    Voilà LE sujet qui m’occupe depuis fin 2007. C’est une période très lointaine, dans le référentiel hyper-actif du web ! Mais il faut bien reconnaître que cette solution e-commerce en avait dans le ventre et ce n’est pas un hasard si elle est la plus utilisée dans le monde aujourd’hui. Vous avez été très, très nombreux à lire ce premier article de fond, les commentaires passionnés en témoignent.
  • World of Goo : le design numérique par excellence
    Je ne parle pas souvent de jeux vidéo. C’est un tort ! Cette activité numérique est extrêmement créative et innove en permanence. Pour preuve, ce jeu génial, sorti initialement pour PC en 2008 et qui fait, quatre ans plus tard, un tabac sur mobiles et tablettes. Une note de 4,8 sur Google Play, c’est plus que bien !
  • Livre Magento : ça, c’est fait !
    Du papier, oui, ça existe encore ! Et c’est bien pratique pour apprendre de nouvelles connaissances et structurer sa mémoire. Cela fait plus d’un an et demi que mon livre sur Magento est sorti. Il a un peu vieilli, mais il se vend encore. Je n’ai jamais donné de chiffre (je ne sais pas si je peux le faire, d’ailleurs…), mais il s’est bien vendu ! Une nouvelle édition avec plein d’astuces techniques et la version 2 de Magento ? Ce serait bien, mais quel boulot de dingue d’écrire un livre ! Je suis content de l’avoir fait, mais ça laisse des traces. Pas très chaud pour remettre ça… Mais j’aime les challenges 😉

C’est sur cette exhumation que prend fin la série Archéoblogologie. Mais avant de conclure, j’ai promis de vous parler des brouillons, ce mal pandémique des blogueurs… A ce jour, 30% des articles de mon blog sont encore des brouillons, des contenus que je suis le seul à connaître, autant de trésors potentiels… ou vieux scoops sans aucun intérêt.

Yes ! Il y a quelques perles dans ces brouillons. Je pense que je vais calmement les relire et les publier.

Comme celui sur la capitalisation d’Apple qui au mois d’août 2012 atteignait l’équivalent du quart du PIB de la France ! Depuis, le soufflet est retombé.

Ou celui-ci qui montre une page de résultat de Google étonnante dans laquelle Google n’apparaît pas sur les mots-clés « moteur de recherche », mais fait la part belle à ses concurrents ! C’est logique, on est déjà chez Google, mais ça fait bizarre, non ?

Moteur de recherche dans Google Résultat de la recherche des mots « moteur de recherche » dans Google

Bref, tout ça pour dire que ce ne sont pas les sujets passionnants qui manquent. Juste un temps énorme pour les analyser, les synthétiser et les publier.

Pourtant, si je reprends les rênes de ce blog, c’est pour une seule raison : après avoir bricolé avec 10000 outils, des tablettes, smartphones, réseaux sociaux et services en cloud, je me rends compte que j’ai des dizaines de milliers d’informations collectées et stockées sur des dizaines de terminaux et de serveurs et que je suis incapable de les exploiter au quotidien. Après réflexion, je me suis rendu compte que mon blog était le meilleur endroit pour stocker sur le long terme des informations qui me sont importantes. J’ai fait un grand ménage un peu partout et la synthèse se retrouve ici, au fur et à mesure. Dans un premier temps, sous forme de brouillons, bien sûr !

Vous aussi, tentez l’aventure de l’archéoblogologie ! Déterrez le nectar de vos vieux blogs ! Reprenez la main sur vos contenus éparpillés ! Utilisez votre esprit de synthèse ! Diffusez VOTRE savoir !

Archéoblogologie – Episode 3 : la source

La suite d’Archéoblogologie…
Épisodes précédents : 1. Le décor2. Le best-of

Mais qu’est-ce que vous me voulez ?

Voyons maintenant par quels mots-clés les visiteurs arrivent sur mon blog. Les cinq premiers sont :

  • xdebug eclipse
    Normal. L’article correspondant est très consulté. C’est rassurant de voir des développeurs s’intéresser aux outils de debugging !
  • magento
    Ah tiens ? C’est vrai. Il fut une époque lointaine où je parlais de Magento sur ce blog, avant de transférer le sujet sur mon autre blog Magentips. Encore un bon cas d’étude archéoblogologue…
  • drupal ovh
    Logique. Un contenu toujours recherché… tant que PHP6 n’est pas chez OVH. Hum… Désolé pour la mauvaise blague, mais elle était facile. On en reparle dans, disons, six ans ?
  • christophe le bot
    C’est moi ! Mais c’est aussi plein d’autres. Grâce au web, j’ai déjà identifié 12 homonymes. Eh bê, il faut même se battre pour le référencement de son propre nom… La vie numérique est cruelle. Dans la vraie vie, on ne rencontre pas autant de monde !
  • favicon generator
    Étonnant que je sois une source d’information aussi consultée sur le sujet. J’ai juste fait quatre lignes sur un service proposé par un autre site. Pourquoi passer par chez moi ? Ah mais oui, sur internet, le chemin le plus long est souvent le plus court. Et puis d’abord, c’est Google qui décide !

Si je les compare aux mots-clés saisis dans le champ de recherche du blog, le résultat est assez différent :

  • graphe
    J’aime beaucoup ce sujet, même si je n’ai pas trop écrit dessus. J’avais surtout un lien vers un très bon site qui n’existe plus aujourd’hui. Il expliquait clairement la théorie des graphes. Il faut croire que quelques visiteurs le cherchent encore… Vous savez quoi ? J’en ai fait une copie au format PDF que j’ai ajoutée en fin de page ! Mais chut, ça reste entre nous 😉
  • magento
    Le revoilà, celui-là. Dans le genre « Succès du web », Magento a une sacrée bonne place ! Il doit se retrouver dans le top 10 des mots recherchés sur plusieurs milliers de blogs !
  • selenium
    Quasiment rien sur mon blog sur le sujet… Des visiteurs perdus ? J’ai eu la flemme de regarder pourquoi. Le quantitatif m’ennuie assez vite, en fait.
  • timeline
    La fameuse période Simile ! Mais je ne dirai rien : j’en parle plus loin.
  • amende
    Ben ouais, quand il reste la journée pour payer son amende avant majoration, le champ de recherche est un outil efficace. Surtout quand mon article vous évite d’y passer plus de la journée !

Bientôt, la suite d’Archéoblogologie – Episode 4 : le trésor…

Archéoblogologie – Episode 2 : le best-of

La suite d’Archéoblogologie…
Épisode précédent : 1. Le décor

Qu’est-ce que je vous sers ?

Passons à une analyse plus quantitative. C’est bien, le quantitatif, ça rassure. On semble maîtriser le mouvement, on mesure, on calcule, on surveille. Qui a la plus longue ? La plus longue durée moyenne de visite, la plus longue traîne sur certains mots-clés, la plus longue période sur la première page de résultats de Google, la plus longue liste de followers, likers et autres gogolers

En attendant, d’autres avancent, innovent, bousculent, prennent le risque de rompre le savant équilibre pour sombrer dans l’oubli ou encaisser le choc d’un énorme succès.

Tant pis pour cette fois, je me retiens, c’est tellement facile le quantitatif. Alors moi aussi je vous offre mon best-of. Mais attention, un best-of 2006-2012 ! Les pages les plus vues de mon blog depuis l’origine sont, dans l’ordre :

  • Régler l’heure de serveurs virtuels sous Debian
    Des milliers d’administrateurs-système ont mis à l’heure des dizaines de milliers de serveurs, grâce à cette page ! Enfin… J’aime bien pensé que c’est possible. En tout cas, sans rien faire, des dizaines de visiteurs la lisent tous les jours. Quelques sites référents dans le monde Linux font un bon boulot de sourcing !
  • Configurer Xdebug pour Eclipse PDT en utilisant un serveur de test distant
    Là encore, beaucoup de trafic, même si je trouve l’article léger et incomplet. J’avais promis une suite, mais elle n’est même pas dans les brouillons. Les brouillons ! Il faut que je vous en parle ! Euh, après, après…
  • Récupérer le dernier auto-incrément MySQL avec PHP
    Celui-ci est intéressant, d’abord parce qu’il aide beaucoup de développeurs, mais aussi parce que les commentaires sont un cas d’école : intéressants, enrichissants et sympathiques. Tout ce que j’apprécie dans les échanges !
  • Test d’interface : paiement d’amendes en ligne
    L’OVNI du blog… Un truc de dingue… Je teste l’interface du site de paiement des amendes et je récupère tout ceux qui n’arrivent pas à l’utiliser. Si j’avais pris un pourcentage, je serai millionnaire !
  • Installer Drupal 6 sur un serveur mutualisé OVH
    Un article court, mais important pour ceux qui veulent faire tourner du PHP5 chez OVH. Forcément, les astuces qui fonctionnent attirent du monde.

Bientôt, la suite d’Archéoblogologie – Episode 3 : la source…

Archéoblogologie – Episode 1 : le décor

Il est toujours passionnant de déterrer les vieux outils numériques. On constate alors le décalage technique, social et fonctionnel qui existe avec ceux d’aujourd’hui. Quoique… On retrouve aussi de bonnes idées, posées il y a longtemps et « reliftées » pour les réexploiter de façon très lucrative. Pas grave, tout va trop vite, alors on oublie. Donc on nous le ressert… mais différemment !

Archéo quoi ?

Où voulais-je en venir, déjà ? Ah oui, l’archéoblogologie, ou la découverte de vieux blogs quasi-éteints, enterrés sous la toile du web. Et je n’ai pas de meilleurs cas que celui de… ce blog ! En effet, en sept ans, il a connu plusieurs phases : celle d’une activité débordante à celle de l’abandon complet, en passant par des simili-transformations et changements de cap pas trop bien assumés…

Cette plongée dans un micro-rouage de l’histoire du web me pousse à partager avec vous quelques constats et réflexions.

Le contexte

Ouvert en mars 2006, en pleine hégémonie du Web 2.0, mon blog a rencontré un certain succès et un public fidèle (merci !). Certains pics à plusieurs centaines de visiteurs par jour m’avaient longtemps étonné à l’époque, surtout quand je les comparais aux statistiques des sites de certains de mes clients… Un contenu de qualité (c’est vous qui l’avez dit !), quelques relais bien choisis (la magie des réseaux) et hop !

Petit à petit, je suis passé à d’autre activités chronophages, le contenu s’est fait plus rare et les visiteurs aussi. Rien que sur les 24 derniers mois, le trafic a baissé de 60% ! Pas de quartier… Et pas de miracle : il faut bosser !

Tout change ? Là, non…

Premier constat, et pas des moindres : dans ce monde numérique où tout est obsolète en 6 mois, ce blog utilise la même solution technique depuis sept ans. Bon, bien sûr, entre le WordPress de 2006 et celui de maintenant, c’est un peu comme passer d’une R16 à une Megane IV, mais on reste dans la même philosophie. Et surtout, le contenu a suivi pendant tout ce temps ! Pas de migration délicate ou lourde, c’est toujours simple (à condition de prendre les précautions de base). Côté serveur, là aussi, les technologies sont les mêmes. J’aime bien ce confort inhabituel 😉

Bien sûr, il manque quelques petites choses : un thème HTML5 + CCS3, une version mobile, des pages responsive. Et pas de bouton Like, G+ et autres verrues ! Oh, c’est carrément old school, là.

Ah si, ça change un peu…

Au final, un blog se gère très bien dans la durée, les détails arrivent toujours à suivre. Mais une question me tracasse : à quoi ça sert, un blog, en 2013 ? C’est le concept du blog qui prend un coup de vieux, face aux plates-formes sociales, aux applications mobiles, aux appareils ubiquitaires et aux nouveaux modèles économiques dans lesquels s’enferment les utilisateurs.

Pourtant, j’ai l’impression que les blogs représentent maintenant le socle stable du contenu du web, celui autour duquel des milliards de données sont échangées : « j’aime », « j’aime pas », « t’as vu ? », « tu connais ? », « trop cool », « c’est fun », « lol », etc. Bref, là encore la loi de Pareto est respectée : seulement 20% des contenus font 80% du savoir, il reste à dénicher les 20% restants dans 80% des échanges de données.

Demain, la suite d’Archéoblogologie – Episode 2 : le best-of…

2 jours, 10 tweets, 288000 followers, qui est-ce ?

Alors que certains vieux de la vieille balancent leur tweets sur Twitter en pagaille depuis des mois pour grappiller toujours plus de followers, un illustre connu débarque il y a 2 jours, poste 10 tweets et récupère 288000 followers !

Qui est-ce ? Bill Gates.

Il coupe l’herbe sous le pied de tous ces rigolos qui voulaient avoir la plus longue (liste de followers). On va peut-être avoir moins de brouhahas dans ce flux d’informations indisgeste. Sauf si les mêmes retweetent Bill Gates…

Puisque j’y suis, je vous donne l’adresse de son nouveau site, ouvert hier.

Goojet : le premier envol

Logo Goojet

Je ne suis pas sûr que Goojet ait vraiment besoin de cet article pour assurer son succès, tant le concept, l’approche, l’expertise et la technique sont solides. La levée de fonds de 2,3 millions d’euros, annoncée aujourd’hui, confirme mon avis. C’est juste une façon pour moi de marquer l’événement autour d’un projet que je suis (de loin) depuis le début.

Bonne chance à toute l’équipe dans cette aventure de la convergence web / mobile ! En même temps, connaissant leurs compétences, je ne me fais pas trop de soucis…

Entreprise 2.0 et management

C’est Christian Fauré qui a la bonne petite phrase du jour :

Avec l’entreprise 2.0 c’est le management qui fait confiance aux salariés, et non le management qui demande la confiance aux salariés.

Source : L’Entreprise 2.0

Le “Mobile web 2.0″, un marché encore immature

La pandémie « web 2.0 » gagne du terrain et touche maintenant le marché de la téléphonie mobile. Ce n’est pas un scoop puisque les projets fleurissent partout, y compris en France… et surtout à Toulouse où j’aide quelques « groupes de travail » à développer des services mobiles qui vont, bien sûr, changer le monde. Mais promis, je ne dirais rien !

Le web 2.0 pour mobiles vous rend euphorique ? Voici l’heure de la douche froide. Dans le rôle du rabat-joie, un petit article de MocoNews a le mérite de décrire objectivement la situation : le Mobile web 2.0 est trop ambitieux, nous devrions l’appeler Mobile 0.5.

Un avis que je partage totalement, car il ne rejette pas la révolution à venir des applications mobiles mais insiste seulement sur l’immaturité du marché, des interfaces et des modèles économiques :

If there is a wireless revolution under way, then it’s certainly a slow one. “We’re really at mobile Web 0.5, to be completely honest,” Sumit Agarwal, a product manager in Google’s mobile division, was quoted as saying.

[…]

Mobile web 2.0 will happen – in good time.

La voie est pourtant tracée :

The real thing about Web 2.0 is people introducing applications to each other. […] True viral applications, something sent from one person to another, will absolutely be a big part of mobile.

J’en connais un qui va être ravi de voir ses décisions stratégiques confirmées de la sorte…

“Web 2.0″, Ajax, interfaces riches et prospective

J’ai toujours détesté le terme « web 2.0 ». Il ne signifie rien. Il englobe ce que chacun veut y mettre et ne sert qu’à convaincre les clients crédules de la nécessité d’une refonte de leurs services en ligne.

Les acteurs du web n’ont pas attendu la vague du « web 2.0 » (à quand le ressac ?) pour créer des communautés ou des applications en ligne (on remarquera au passage que les web applications sont devenues des SaaS, softwares as a service, c’est plus « tendance »).

Et que dire du contenu généré par les utilisateurs (le fameux User Generated Content si cher au « web 2.0 ») ? N’est-ce pas la fonction première du web que de permettre la diffusion rapide, massive et économique de contenu ? Depuis 1990 (et la première page web), les utilisateurs mettent en ligne du contenu.

J’ai eu la chance de concevoir des services « à la sauce web 2.0 » dès 1998 : sites communautaires, applications en ligne, outils de travail collaboratif… Et je n’étais pas le seul ! Mais il faut bien avouer que deux choses ont freiné leur expansion : les connexions bas débit et l’inviolabilité de la sphère privée.

Tout le monde peut comprendre qu’avec un modem RTC qui charge une page web en 55 secondes, il est impossible d’avoir des services tels que YouTube. Quant à la sphère privée, il a fallu une bonne dizaine d’années pour que l’internaute s’habitue à publier (donc rendre public) quelques bribes de sa vie personnelle (avec les excès que l’on connait aujourd’hui…).

Finalement, pour moi, le « web 2.0 », c’est :

  • un coup marketing de maître !
  • la généralisation du haut débit
  • l’ouverture de la sphère privée

C’est tout. Enfin presque… J’ai oublié le seul point réellement nouveau dans le « web 2.0 » : Ajax (Asynchronous JavaScript and XML), rendu possible grâce à l’implémentation de XMLHttpRequest dans Internet Explorer (merci Microsoft !).

Ajax change tout, à commencer par la notion de page web. Comme le fait très souvent remarquer Frédéric Cavazza, peut-on encore utiliser le terme de page web, alors que le contenu et la forme évoluent par petites touches au sein d’une seule page ? Netvibes en est un bon exemple.

Nous en sommes à l’ère des single page applications (SPA). Ses effets révolutionnent notre manière de voir et de concevoir le web. Les ergonomes sont obligés de revoir toutes leurs préconisations. Ajax change nos méthodes de production, les éditeurs de code HTML (comme Dreamweaver) ont disparu et font place à des environnements de développement lourd. Ajax bouscule les habitudes chèrement acquises des internautes (on ne touche plus au bouton « Page précédente » du navigateur pourtant si pratique !). Ajax perturbe l’économie du web en faussant la mesure d’audience.

Ajax finira peut-être par tuer le web, en imitant toujours mieux le comportement des applications classiques. Il rendra inutile le navigateur web et favorisera l’émergence des RIA (Rich Internet Applications), puis des RDA (Rich Desktop Applications). Finalement, Ajax entraînera un retour aux sources de l’informatique grand public : un système d’exploitation, des applications locales, des interfaces riches.

A la différence que tous leurs éléments intrinsèques seront connectés à internet et dépendront de lui : WebOS, RDA, Widgets, SaaS. Le web sera, quelques temps encore, un protocole d’échanges de données entre machines, avant de disparaître…

User Generated Applications : utopie ou réalité ?

Même si le web 2.0 n’a pas inventé les réseaux sociaux, il a permis de généraliser la notion de User Generated Content, c’est-à-dire la création et la gestion du contenu par les utilisateurs. Tous les services « à la sauce web 2.0 » fonctionnent sur ce principe (à commencer par les blogs).

Et après ? Va t-on s’arrêter en si bon chemin ? Que peut-on apporter de plus à l’utilisateur ? Christian Fauré nous en donne la réponse : les User Generated Applications. A priori, son billet peut semer le doute (il date du 1er avril), et pourtant il ne manque ni de pertinence, ni de justesse.

Une réalité, soutenue par la demande des particuliers

« Les User Generated Applications ? Nous n’y sommes pas encore ! » Détrompez-vous : elles sont déjà là !

Un des meilleurs exemples est sans doute Yahoo! Pipes. Ce service permet de créer son propre agrégateur à partir de flux d’informations choisis, filtrés et manipulés. Pour cela, une interface graphique simple mais puissante permet de définir les règles de sélection et de traitements des flux.

Yahoo! Pipes - Accueil
Page d’accueil Yahoo! Pipes.
Yahoo! Pipes - Editor
Yahoo! Pipes Editor.

Ning est un service tout aussi intéressant. Il se définit comme « un service pour créer vos propres réseaux sociaux ». Certains y verront une plate-forme de blogs améliorée, alors qu’il s’agit bien de concevoir sa propre application de diffusion et de partage de contenu. Du User Generated Content servi par une User Generated Application, en quelque sorte.

Ning - Acceuil
Ning, page d’accueil.
Ning - IHM
Ning, interface de création.

Pour achever de vous convaincre, il me reste à citer Coghead. Là, nous touchons à la personnalisation ultime pour un résultat qui sort totalement des services web classiques. Coghead crée des applications complexes, à partir de données structurées par l’utilisateur, via une interface graphique.

Coghead
Interface de Coghead.

La difficulté d’une implémentation en entreprise

S’il est facile de faire du « cousu main » pour les particuliers, l’exercice est tout autre en entreprise. Christian Fauré nous dresse le tableau idyllique :

Personne n’aurait vraiment la même application, la notion même d’application deviendrait floue. Chacun créerait aisément ses propres services, au besoin en utilisant une librairie de composants génériques.

[…]

Le métier change ? Hop, je m’adapte immédiatement en modifiant mes services paramétrés. Pas besoin d’attendre le déploiement de la nouvelle version d’un progiciel.

[…]

Ce que cela change :
– plus de notion de processus métiers, ni de re-engineering : chacun outille son processus
– le management du SI se concentre sur l’architecture de l’information, l’interopérabilité et la sémantique des données.
– plus de MOE et de MOA, on arrête de travailler comme si l’on construisait un bâtiment (ouf!)

Et sa contrepartie :

Cela suppose une plus grande sensibilité et maturité des salariés dans la maîtrise de l’informatique. Cette sensibilité et cette éducation ne peut être assumée par l’entreprise seule. L’école elle-même ne pourra assumer ce rôle, ou en tout cas pas tels que les systèmes éducatifs sont actuellement conçus.

[…]

Le malaise des décideurs : ceux dont la fonction consiste à demander des rapports : bye, bye !

[…]

Il faut une population de salariés compétents pour être autonomes.

Les applications générées par les salariés sont-elles utopiques ou une réalité à court terme ? J’opte pour la seconde réponse, à condition de maîtriser la sémantique et l’interopérabilité des informations de l’entreprise. Tout l’enjeu (et les risques !) sont là. Le but est de qualifier le moindre fragment de contenu pour l’exploiter dans des conditions inconnues lors de sa création. Utopique ? Encore une fois, non. Encore une fois, les exemples existent.

Prenons Freebase. Ce projet a pour ambition d’être une base de données géante et universelle, alimentée par ses visiteurs. A priori, rien ne la démarque d’autres services web, sauf qu’ici, chaque information est qualifiée, « sémantisée ». Là où Google tente de comprendre le sens du contenu par des algorithmes évolués, Freebase découpe chaque information en fragments qui ont du sens. Là où Google vous donne une probabilité qu’une page web réponde à votre question, Freebase apportera la réponse exacte, fusse-t-elle unique !

Freebase
Site web de Freebase.

Avec l’explosion des données qualifiées et l’inévitable indisgestion qui s’en suivra, l’utilisateur en entreprise devra s’appuyer sur des outils de recherche, de sélection et de visualisation des données, avant de construire sa propre application. A ce titre, je citerai l’étonnant projet Many Eyes d’IBM.

Projet Many Eyes - IBM
Projet Many Eyes d’IBM.

Un séisme pour les acteurs informatiques ?

Je n’entrerai pas dans les détails d’un sujet connexe et sensible (cet article est suffisamment long, je pense…), celui de la génération automatique de codes qui touche directement les professionnels de l’informatique. On reste dans la même logique : accélérer la mise à disposition d’outils informatiques. Avec des conséquences importantes sur l’activité de certaines entreprises.

Les agences web sont les premières touchées. Elles sont souvent gérées par des créatifs qui ont une vision artisanale du développement web. Je n’ai rien contre les artisans talentueux, mais face à un serveur qui crée une application web en 2 minutes à partir d’un fichier UML 2, après avoir effectué des tests unitaires pour rendre l’application « 100% bug free », il devient très difficile de lutter, sauf à utiliser les mêmes méthodes de production et à se démarquer par une réelle créativité (là où l’homme aura toujours sa place).

Ensuite, à qui le tour ? Aux SSII qui facturent le déploiement et la maintenance de solutions applicatives ? Aux éditeurs de logiciels qui vendent des licences poste à poste ?

Pour ma part, je vois plusieurs évolutions importantes :

  • Les projets informatiques se focaliseront sur l’interopérabilité des systèmes d’information (l’open source les y aidera sûrement).
  • La sémantique va jouer un rôle fondamental dans la manipulation et la transformation de l’information.
  • Le développement informatique se concentrera sur la capacité de l’outil à s’adapter, à se personnaliser et à s’autogénérer.
  • La conception centrée utilisateur sera la seule conception possible.
  • Les managers devront intégrer les contraintes liées à l’autonomie des utilisateurs et à la plasticité de leur outil de production.
  • Les éditeurs de logiciels se transformeront en fournisseurs de services (la bataille Google / Microsoft est un bon exemple) ou en spécialistes métiers (comme Adobe, par exemple).
  • Les entreprises de services informatiques devront inventer le « support utilisateur individuel ».
  • La création prendra une place prépondérante et sera enfin facturée, puisqu’elle seule ne pourra être automatisée (enfin, pas à court terme…).
  • Nous utiliserons enfin les outils que nous imaginerons.

Du grain à moudre

Deux articles (en anglais) de CNN Money qui montrent que le sujet est d’actualité :

Pour finir, une excellente vidéo de Nigel Parker (48 minutes, tout de même !) qui reprend ce qui fait le web d’aujourd’hui et ce que seront les services applicatifs de demain :